La demande existe, les praticiens sont formés, et pourtant beaucoup d’agendas restent à moitié vides. Après plus de 15 ans à accompagner des thérapeutes dans leur visibilité, j’ai voulu regarder les chiffres et comprendre ce qui se joue. Voici ce que j’ai trouvé, et surtout ce qu’on peut en faire.
Une demande bien réelle
Commençons par une bonne nouvelle : les Français sont nombreux à se tourner vers les pratiques de bien-être. Selon une étude Cluster 17 réalisée pour Le Point en 2023, 44 % des Français déclarent avoir déjà consulté un naturopathe. Le marché n’est donc pas le problème.
Un parcours qui demande du temps
Pourtant, les chiffres montrent que s’installer est un vrai défi. Selon l’enquête du syndicat des sophrologues indépendants, seuls 24,6 % des sophrologues ont dégagé en 2024 un revenu annuel supérieur au SMIC net. Cette enquête repose sur des réponses volontaires et le syndicat précise lui-même qu’elle n’a rien de scientifique, mais elle donne une idée de la réalité du terrain.
Le Baromètre des Médecines Douces 2026, publié par l’éditeur Merci Solange, va dans le même sens : près d’une cessation d’activité sur deux concerne un cabinet de moins de 3 ans. Les premières années sont décisives.
Ce n’est pas une question de compétence
Alors pourquoi ? D’après mon expérience, et d’après les sources que j’ai consultées, la compétence est rarement en cause. Trois choses reviennent.
D’abord, un frein intérieur. Beaucoup de praticiens doutent de leur légitimité. Dans un secteur où il n’existe souvent ni référentiel unique ni diplôme reconnu par l’État, la comparaison avec les confrères sur les réseaux sociaux peut donner l’impression de ne jamais être assez prêt. On repousse le lancement, on cumule les formations. Or la légitimité vient de l’action, pas l’inverse.
Ensuite, le rapport à l’argent. Une gêne à annoncer son prix, des tarifs trop bas, des séances offertes par habitude : cette culpabilité est rarement nommée, mais elle est très répandue. D’après le Baromètre de Merci Solange, les tarifs médians sont de 60 € en naturopathie et en sophrologie, et de 70 € en hypnothérapie et en kinésiologie. Prendre le temps de calculer un tarif juste, c’est respecter son travail.
Enfin, un manque de structure. Un positionnement qui parle à tout le monde et donc à personne, une offre pas assez claire, peu de suivi après la séance. Rien de tout cela ne s’apprend dans une formation de praticien.
Un contexte qui change la façon de choisir
Il y a aussi le contexte. Selon l’Insee, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut a reculé de 0,4 % en 2025, et 71 % des ménages déclarent limiter leur consommation, principalement pour des raisons financières dans le cas de 36 % de l’ensemble des ménages. Quand chaque euro compte, on réfléchit avant de réserver une séance : on compare, on lit, on vérifie.
La bonne nouvelle, c’est que les personnes ne cherchent pas forcément le praticien le moins cher. Elles cherchent celui qui les rassure. Et ce qui rassure aujourd’hui, c’est ce qu’on voit en ligne : une fiche Google complète, des avis sincères, une présentation claire.
Être visible sans se renier
Sur ce point, le Baromètre de Merci Solange est parlant : la maturité numérique des naturopathes affiche un score médian de 3 sur 9. La maturité numérique, c’est la qualité de la présence en ligne d’un praticien : un site clair, une bonne visibilité sur Internet, des outils qui donnent envie de prendre rendez-vous. Le Baromètre la note à partir de l’analyse de leurs sites internet. Autrement dit, la plupart des praticiens ont une présence en ligne qui reste à construire. Ce n’est pas un défaut, c’est une marge de progression.
Être visible n’a rien d’incompatible avec la douceur et l’éthique de votre pratique. Demander un avis, ce n’est ni de la publicité ni de l’insistance : c’est offrir à la personne que vous avez aidée l’occasion de dire merci, et aux suivantes l’occasion de vous faire confiance.
Passer de l’idée à l’action
La bonne nouvelle, c’est que tout cela s’apprend, et qu’on avance plus vite à plusieurs. C’est pour cela que j’organise au Centre Le Talisman, à Niort, des ateliers collectifs de 3 heures, en petit groupe de 8 personnes maximum. Chaque atelier a un objectif simple : vous repartez avec quelque chose de concret, prêt à utiliser.
Par exemple, dans l’atelier « Thérapeutes : votre fiche Google prête en 3 heures », nous remplissons ensemble votre fiche et vous repartez avec une fiche prête à publier. D’autres ateliers suivent, sur la page Facebook, les tarifs, la manière de présenter votre offre ou de rédiger vos textes avec l’aide de l’intelligence artificielle.
Je sais de quoi je parle : j’ai fondé une agence de communication dédiée aux thérapeutes (une des toutes premières en France), j’ai dirigé pendant 10 ans le site Mademoiselle Bien-être et sa communauté de 60 000 personnes sur Facebook, j’anime le podcast Alliance Talisman et je développe la plateforme Esoteva. Je suis également numérologue et cartomancienne : j’ai exercé cette activité pendant 6 ans, à raison d’une cinquantaine de séances par mois. Aujourd’hui, je mets cette expérience au service des praticiens qui veulent enfin se concentrer sur ce qu’ils aiment : pratiquer.
Envie de rejoindre un prochain atelier ? Tout se trouve ici, et je vous réponds personnellement pour toute question.
Sources : étude Cluster 17 pour Le Point (2023) ; enquête 2025 du syndicat des sophrologues indépendants ; Baromètre des Médecines Douces 2026, Merci Solange ; Insee, comptes nationaux 2025 et note de conjoncture de mars 2026.